MAGIC REVUE POP MODERNE n° 117 (FEV 2008)
19 NEW PROJECT
DISCONNECTED (Gilles Boyer/Anticraft)
Un temps échappé de Curtain, formation cold-wave aussi rare que précieuse, Emmanuel Burget, guitare en main et voix suave, s’alliait à la basse de Gilles Boyer, croisé chez Speaking Silence. Les deux jeunes vétérans de l’after punk d’ici, explorant les territoires électroniques, livrèrent un premier Lp éponyme qui remporta un joli succès d’estime. Quatre ans ont passé, 19 New Project publie Disconnected, second (et double) album marqué par la décennie 80 et l’influence clair-obscur de Depeche Mode ou New Order. D’ailleurs, la pochette savillienne, qui s’inscrit en droite lignée des fameuses Wasted Paintings, annonce la couleur. Une œuvre sous influence, certes, mais à mille lieues d’une pâle copie carbone. Et si le timbre de Burget évoque immanquablement la patine vocale de Dave Gahan, le duo sait réinventer les formes, à la manière de Terence Fixmer ou de The Hacker, fans éminents des Belges The Neon Judgement, dont l’ombre plane sur nombre de sombres merveilles (Lipstick (For A Lie), Lolita, Disconnected). Ailleurs, 19 New Project provoque la collision inespérée entre la violence de Black Strobe et les claviers pacifiés de 808 State (Apt #19). Avec une palette de teintes limitée (du noir ébène au gris anthracite, pour aller vite), la paire peint des paysages sonores oppressants mais variés, s’engageant volontiers dans la ballade éthérée (Cold) ou la noisy pop aérée (Candy Song). Doté de quelques pépites, dont On The Loose, qui débute comme du punk funk pour finir sur une rythmique implacable mâtinée de guitare viciée, le second volet, moins convaincant car trop dispersé, n’entache en rien la joie procurée par Disconnected, et laisse augurer d’un succès mérité.
Thibaut Allemand ••••°° (4 étoiles sur 6) |
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